L'OCCUPATION AMERICAINE

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endant un demi-siècle, l'histoire d'Haïti ne sera que bruit et fureur.Jusqu'au jour où, prenant prétexte de l'assassinat du président Vilbrun Guillaume Sam et des désordes qui s'ensuivrent, les marines des Etats-Unies débarquent dans l'île, le 28 Juillet 1915.

L'occupation américaine : 1915 à 1934

A partir de 1908, les compagnies américaines négocièrent des concessions exorbitantes pour construire des voies ferrées et développer des plantations de bananes en expropriant les paysans. Les Américains finirent par occuper militairement Haïti.

le 28 juillet 1915, la foule avait été lyncher le président Sam dans la légation de France, suite au massacre de prisonniers politiques. Le Président américain Woodrow Wilson envoya les Marines à Port-Au-Prince. En six semaines, les États-Unis firent élire un président, Sudre Dartiguenave et signer un Traité, base légale de l’occupation, par lequel ils contrôlèrent les douanes et l’administration. L’administrateur américain avait le pouvoir de veto sur toutes les décisions gouvernementales d’Haïti et les officiers des Marines servaient dans les provinces. Les institutions locales, cependant, continuèrent à être dirigées par les Haïtiens.

En 1917 le Président Dartiguenave dissolut l’Assemblée qui avait refusé d’approuver une Constitution inspirée par le secrétaire à la Marine des États-Unis : Franklin D. Roosevelt. En 1918, celle-ci fut approuvée par référendum. D’inspiration libérale, elle permettait la propriété foncière à des étrangers. Dessalines avait interdit celle-ci et ce point était resté un principe inaltérable de toute législation.

En 1918, des routes furent construites sous le système de la corvée. À la fin de l’année, le pays fut en état d’insurrection. Les paysans armés, surnommés "cacos" furent jusqu'à 40.000. Il fallut deux ans pour que les Marines mâtent la révolte en faisant plusieurs milliers de morts.

Les occupants américains étaient empreints de racisme. Cette attitude consterna en particulier l'élite mulâtre, francophone et éduquée. L’indignation engendra une nouvelle fierté raciale qui s’exprima dans le travail d'une nouvelle génération d’historiens, d'écrivains (comme Jacques Roumain) et artistes.

Washington profita en 1922 de l’élection d’un autre Président, Louis Borno, pour s’engager à fournir à Haïti une aide politique et économique en contrepartie de l’occupation. S'instaura ce que l'opposition appella "la dictature bicéphale" entre Borno et le Haut-Commissaire, le général John Russell. Les finances publiques furent assainies et l’endettement réduit. La monnaie nationale, la gourde, fut rattachée au dollar, assurant sa stabilité (mais au risque de la surévaluer). L’administration et l’armée furent professionnalisées et la corruption, supprimée. L'instruction publique fut reprise depuis le primaire et axée sur la formation professionnelle. Les infrastructures connurent un essor sans précédent : Ainsi, le téléphone automatique fut installé à Port-au-Prince ; les ports furent équipés de wharfs et de phares ; un service de santé publique fut développé, avec hôpitaux et dispensaires de campagne. 1700 km de routes furent créées et entretenues. Toutefois, cette marche forcée vers la modernité se fit aux dépens de la démocratie, le sénat étant dissout.

Les Haïtiens conservèrent une forte hostilité envers l'occupant américain qui n'hésitait pas à faire usage des armes. En 1929, la crise économique mondiale réduisit les exportations agricoles alors que des taxes et normes nouvelles frappaient les paysans. Le 6 décembre, des paysans protestataires se heurtèrent à des Marines au lieu dit de Marchaterre : il y eut plus de dix morts. L’opposition se déchaîna. Le Président américain Herbert Hoover proposa au Congrès l’envoi d’une commission d’enquête aux buts de se retirer d’Haïti. En avril 1930, elle fit élire un président provisoire : Eugène Roy qui organisa des élections législatives. En novembre, Sténio Vincent fut élu à la Présidence.

Les troupes américaines partirent le 21 août 1934. Ce départ engendra le retour aux velléités autoritaires. Par deux fois en 1946 et 1950, une junte militaire assura la transition du pouvoir : après Vincent et après Estimé, qui organisa l’exposition internationale en décembre 1949. Le 9 octobre 1950 eurent lieu les premières élections présidentielles au suffrage universel. La mobilisation du corps électoral fut faible. Le colonel Magloire fut élu à 99% des suffrages. Au terme de son mandat, en 1956, il tenta de se maintenir au pouvoir et dut s’exiler en décembre devant l’ampleur des grèves. L'exercice effectif du pouvoir restait donc entre les mains de l’armée.

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a présence Américaine donnera à l'économie haïtienne le coup de pouce dont elle avait bésoin.

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'occupation Américaine dure jusqu'en 1934 sous l'administration du président Roosevelt.La classe des mulâtres collabore avec l'occupant, officiellement soutenue par l'église catholique.La classe "noire"organise la résistance.Lutte des paysans cacos.Exécution et crucifixion par les marines Américaines de Charlemagne Préralte. Contrôle de toute l'économie haïtienne par la société Américaine.

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a prise de conscience nationale vient d'un certain groupe d'intellectuels haïtiens réunis autour du Dr.Jean Price-Mars.Ces jeunes intellectuels prennent la défense de la culture africaine et polémiquent avec le clergé catholique

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près la visite du président Roosevelt, le départ des marines du territoire est décidé.Le retrait des marines ne met fin qu'à l'occupation militaire.Les Etat-Unis contrôlent encore en fait la politique de l'économie haïtienne par l'intermédiaire des grands bourgeois de l'île.


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© 2001 Joseph Desardouin