L'ARRIVEE DES ESCLAVES NOIRS VENUS D'AFRIQUE


Esclaves

C

hristophe Colomb a été le premier chef de gouvernement en Haïti avec le titre de vice-roi.Son frère Bartoloméo Colomb, préfet de l'île, lui succéda.La seule préoccupation des Espagnols était de satisfaire leur insatiable soif de l'or."Que notre Seigneur me guide où je puis découvrir cet or", était la prière quotidienne. Au 16ème siècle les mines d'or en Haïti ont rapportées à l'Espagne plus de cinquante milliards de livres or.

A

près le massacre de 90% des indiens, l'île se dépeuple, ce dont s'alarment leurs lointaines majestés catholiques.

T

ragique situation, elle troublera l'âme d'un moine dominicain, compagnon de Christophe Colomb à son sécond voyage en Haïti; le père Bartholemée de Las Casas sera par une ironie du sort tout à la fois le père des indiens et le premier négrier d'Occident.

C

'est lui qui, en effet, préconise l'importation massive et la traite des Noirs en Haïti pour soulager les indiens dont la race est menacée d'extinction.

I

l y avait déjà des Noirs à Haïti, jetés sur les rives par les naufrages, originaires des Canaries ou des côtes occidentales de l'Afrique.

P

our combler le vide de cette dépopulation raciale, l'ont eu recours à la traite des Noirs que Charles V d'Espagne autorisa jusqu'à concurrence de cinq mille têtes à tirer de la Guinée et du Congo, en conformité des décrets du 16 avril 1550 et du 12 Août 1607.

L'

histoire de la florissante traite des noirs, n'est qu'une suite de récits où l'avidité et la cruauté des négriers blancs.On estime à vingt millions la quantité d'Africains débarqués sur les rivages du nouveau monde. La mortalité chez eux atteignait un taux élévé, et leur taux de natalité était trop bas pour que leur population put se maintenir sans l'apport des nouveaux venus fournis par les marchands.Ainsi c'est la traite qui est essentiellement à l'origine de la formation du peuple haïtien, directement issu de quelques centaine indiens Arawaks qui restaient, des Sosos guinéens, des Bantous, des Soudanais, des Congos, des Sénégalais, des Aradas, des Mandingues, des Ibos, des Dahomeys, des Peulhs, transplantés par le trafic négrier. l'aire principale de la traite s'étendait des régions côtières du Sénégal pour aboutir à l'Angola avec un centre principal d'activité partant de Gorée, longeant les côtes de la Guinée.

M

archer ou mourir! La caravane devait aller de l'avant.Plus tôt on atteignait la côte et plus tôt le recruteur arabe pouvait retourner vers l'intérieur des terres pour de nouvelles et fructueuses razzias. L'acheteur était un Français ou un Portugais. Quelques jours plus tard, la négociation terminée, les esclaves étaient conduits sur les quais.A coups de fouet, les Arabes les forçaient à pénétrer dans le bateau du diable.On leur faisait franchir une étroite passerelle, puis ils s'enfonçaient dans la caverne noire et malodorante de la cale. Là encaqués les uns près des autres, leurs jambes étaient attachées par des chaînes aux flancs du navire.1/3 d'entre eux allaient y mourir. Trois mois plus tard, selon le vent, le navire pénétrait dans la baie du Cap Français.

Q

ue des êtres humains aient pu imaginer envers d'autres êtres humains de pareilles conditions dépasse l'imagination et l'on demeure encore glacé d'épouvante, en évoquant ces crimes qui déshonorent l'humanité et qui furent le lot de millions d'hommes, de femmes et d'enfants arrachés à la terre d'Afrique durant trois siècles de larmes et de sang.Cela au nom de ce que l'on a baptisé la civilisation des grandes cathédrales et des grands rois!

A

suivre...


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© 2001 Joseph Desardouin